D’un master en psycho à un cap de pâtisserie … « cap ou pas cap ? »

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Je pensais écrire cet article rapidement mais tout est un peu laborieux ces derniers temps … quand l’hiver entre dans vos pensées !

Je me livre rarement sur ma vie en dehors des quelques photos et recettes que je publie, qui à elles seules disent probablement beaucoup. Mais il m’a semblé que quelques lumières sur les itinéraires empruntés récemment pourraient éclairer ( rassurer ? ) ceux qui m’interpellent à ce sujet, ceux qui cherchent pour eux-même et pour tous ceux qui n’osent me questionner mais dont le silence parle pour eux.

Reprendre un cursus la trentaine bien entamée, avec dans son sac à dos un master en psycho,  cela peut paraitre un peu curieux, surtout lorsqu’il s’agit de passer un cap de pâtisserie ( à priori aucun lien manifeste entre les deux disciplines ) Mais en faisant quelques recherches je découvre que le processus n’est pas si singulier ( aie ! mon ego en mal d’originalité en prend un petit coup ) même s’il s’inscrit pour chacun dans une histoire et mène vers une destination toute personnelle…

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Ce n’est pas par lassitude du métier que j’exerce que l’idée de reprendre des études m’est apparue. J’aime ma pratique de psychologue, j’ai travaillé 8 ans dans une institution spécialisée en réadaptation nutritionnelle ( la précision revêt sans doute son importance, j’y reviendrai… ) et depuis la naissance de ma fille, je travaille exclusivement en cabinet, ce qui me permet d’organiser mon temps comme je le souhaite. Mais j’ai la conviction intime qu’un métier n’est pas une fin en soi, ni ne nous résume tout à fait. Certains s’épanouiront toute une vie dans une profession, là où d’autres exploreront plusieurs voies, parfois simultanément ou successivement, par envie ou selon les contingences de la vie. Je ne pense pas qu’il y ait une règle ou un cheminement spécifique à suivre, si ce n’est d’être à l’écoute de sa sensibilité, de ses intuitions et désirs. Quels que soient les principes de réalité auxquels nous sommes confrontés, notamment celui non négligeable d’assurer un minimum de revenu, il y a toujours une manière de surmonter ces obstacles.

Il y a quelques temps j’ai écouté l’intervention d’Emilie Wapnick, jeune écrivaine et infiniment plus… Le sujet de ce Tedx portait sur les êtres multipotentiels ( ce que nous sommes tous probablement au commencement ) En résumé son propos tenait à souligner combien l’idée d’une vocation unique, à laquelle nous serions destinés, est assez romanesque… même si cela existe peut-être pour de rares personnes ! La réalité est que nous muselons souvent notre curiosité et notre aptitude à de nouveaux apprentissages, par confort, par conditionnement, par crainte du changement ou encore du jugement …

Or développer de nouvelles connaissances, ce n’est pas renoncer à ce que nous avons appris, c’est au contraire conjuguer nos aptitudes, créer de nouveaux  territoires professionnels, développer notre capacité d’adaptation et par dessus tout nous enrichir ( au bon sens du terme !)

A coté de ma pratique de psychologue, je m’occupe ponctuellement d’une galerie d’art animalier que nous avons créée avec mon compagnon ( qui est peintre et sculpteur ). Et comme les nuits sont longues ( et mes envies interminables ! ) je rédige quelques recettes sur ce blog et réalise ponctuellement quelques sites internet ( souvent plus pour le plaisir d’aider quelques amis que pour des motivations financières ) Selon l’angle de vue, on pourrait voir dans ce récit le portrait d’une personne « papillonne » ( voire insomniaque 🙂 ) je crois pour ma part que certaines frontières n’appartiennent qu’à notre pensée et qu’il est très « nourrissant » d’explorer d’innombrables paysages …

Je n’ai pas décidé du jour au lendemain de reprendre des études. Avant qu’elle devienne tangible, l’idée s’est insinuée timidement et non sans quelques tergiversations. J’avais très envie d’apprendre, plus particulièrement d’approfondir ce qui, depuis plusieurs années déjà, était devenu le lieu de nombreuses recherches et rencontres. On ne peut pas impunément travailler auprès de personnes atteintes de cancer, diabète, obésité, et troubles alimentaires sévères, sans interroger l’alimentation au sens large, au-delà de sa dimension psychologique. Au début de ma pratique je n’avais aucune conscience particulière autour de l’alimentation, ses enjeux, ses modes de production et ses effets délétères ( j’étais surtout d’une grande naïveté et ignorance ) Découvrir la souffrance animale à laquelle nous sommes liés ( souffrance que nous induisons et ingérons ) ; découvrir combien l’alimentation s’est transformée en l’espace d’une génération par l’industrialisation, l’emploi inconsidéré des pesticides et des OGM, des conservateurs et exhausteurs ; comment nous sommes parvenus à faire de l’alimentation un poison insidieux pour notre environnement et pour nous même ; bref toutes ces recherches et confrontations m’ont sérieusement déstabilisé et encouragé à remanier totalement mon alimentation. J’ai surtout commencé à faire par moi même, cessé toute consommation de viande et de poisson et progressivement diminué l’usage du beurre, du lait et autres produits animaliers. Ce changement radical n’a pu avoir lieu sans développer quelques connaissances nutritionnelles, une sérieuse volonté et l’apprentissage de nouvelles ressources alimentaires. Et lorsque l’on s’éprend d’un sujet tel que celui de l’alimentation, les pistes d’approfondissement sont vastes !

Le rapport avec un Cap me direz-vous ? j’y viens … ( je ne peux m’empêcher de relever en l’écrivant qu’un Cap c’est aussi un cap, tel un horizon, ou un cap à tenir, ou encore un cap ou pas cap ! )

Il existe désormais de nombreuses ressources sur la question de l’alimentation et plus particulièrement sur l’alimentation végétale. Nous avons une chance incroyable, à condition de savoir faire le tri et la part des choses, d’avoir accès à de plus en plus de livres, documentaires, conférences et blogs sur le sujet. J’aurais pu m’en tenir là… mais passé le « cap » de la compréhension et après avoir mis le nez ( et les mains ! ) dans cet univers aussi passionnant qu’il peut être angoissant par d’autres aspects, j’ai eu besoin de m’extraire d’un abord intellectuel pour aller vers une pratique plus concrète. J’aime d’ailleurs mettre en perspective le métier que j’exerce actuellement avec celui auquel je me forme, et mesurer à quel point les postures sont distinctes : assise pour l’un, debout pour l’autre, à distance / au contact, par la parole / par le geste, …seule la créativité est commune au deux ! si si il faut une bonne dose de créativité pour être psy 🙂

Au préalable je cherchais une formation spécifique à la cuisine végétale, mais il y a très peu de proposition en la matière, ou difficilement conciliables avec une vie de famille et un emploi. Je pense notamment à la formation récemment proposée par L’institut Gentle Gourmet, qui développe un enseignement sur la cuisine végétale, mais dont le coût ( 6500€ ) et les modalités ( un mois à temps plein en Normandie ) ne me convenaient pas dans l’immédiat. Quant-à envisager de faire un cap en cuisine cela était totalement exclu car je ne voulais pas avoir à préparer des viandes et poissons. Bref, guidée par une certaine inclinaison à la gourmandise c’est naturellement vers une formation en pâtisserie que je me suis tournée.

Je n’aurais peut-être par entrepris cette belle aventure si après quelques hésitations, vers une formation en ligne ou par le greta, je suis tombée ( l’expression est un peu singulière car en réalité j’ai fait un grand bond ! ) sur une association qui dispense des cours pratiques dans un laboratoire de pâtisserie à Aix. Et « cerise sur le gâteau »  le chef pâtissier s’est montré tout à fait ouvert à expérimenter une pâtisserie à base de produits végétaux. Je n’aurais pas pu espérer mieux ! ( n’avez vous jamais constaté que lorsque vous prenez une décision qui a du sens pour vous, des rencontres, des signaux et éléments favorisants s’y greffent… je nage en plein ésotérisme peut-être 🙂 mais assurément la volonté décuple nos potentiels et nous rend souvent plus attentif et convaincant 🙂 )

Au cours de ces dernières années, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont profondément inspiré, allant d’illustres défenseurs de la nature et des animaux, comme Paul Watson, Jane Goodall, à des personnes plus anonymes mais dont les actes du quotidien étaient de grande valeur. Dans ma pratique en tant que psychologue, de nombreux êtres sont venus me confier leur histoire et m’ont souvent plus appris que je n’avais à leur apprendre en retour.

Il me semble que le temps est venu de partager à mon tour le fruit de mon expérience et de mes vagabondes créations culinaires !

A suivre ….

jules et green

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